Créa’livres, des pages à tourner et des mots qui s’envolent


La 11e édition de Créa’livres a réuni les élèves, les enseignants les parents… et les écrivains !

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Créa’livres, à Mons-en-Baroeul, est devenu une véritable institution. Le principe en est simple. Il s’agit de réunir, chaque année, les élèves du réseau Éclair (ex-RAR) dans un même projet d’écriture, encadré par des écrivains professionnels.

Ainsi a-t-on retrouvé, ces jeudi 24 et vendredi 25 mai, au Fort de Mons, tous les protagonistes : les enfants des écoles Montaigne, Hélène-Boucher, Ronsard, des Provinces, les enseignants, les membres du corps d’inspection et tous les écrivains et illustrateurs qui fréquentent la commune depuis onze ans (Marie-Anne Abesdris, Christine Dècle, Jean Leroy, Thierry Maricourt, Anaïs Ruch, Séverine et Pierre Suffys, Valère Staradelski, Françoise Rachmul, Didier Daeninckx et Muriel Diallo).

Écrivains et élèves ont mené douze projets différents. Le principe ? Une fois le manuscrit terminé, on produit un véritable livre. Quand le travail est fini, on le présente alors à d’autres élèves, venus d’autres écoles… Chaque classe, porteuse de son projet, défile, à tour de rôle, sur la grande estrade de la salle des fêtes. Dans la salle, plusieurs centaines d’élèves ainsi que de nombreux parents les écoutent avec intérêt : une grande fierté pour les enfants ainsi qu’un redoutable exercice d’expression orale.

Créa’livres est rendu possible grâce au financement de l’État (Réussite Éducative, DRAC) et au soutien de la commune.

Quand le parrain devient marraine

L’une des traditions de Créa’livres consiste à confier le parrainage de la manifestation à un écrivain de renom. Le temps d’une semaine, il devient ainsi le « parrain ». Un titre que récuse Muriel Diallo, même si elle en accepte les fonctions. « On va dire plutôt marraine  », s’esclaffe-t-elle dans un grand éclat du rire. « C’est un signe honorifique que j’accepte et qui me touche beaucoup. En fait, je suis très fière qu’on ait pensé à me choisir ».

Au départ, Muriel était peintre. Elle exposait ses tableaux et travaillait dans un lycée de Côte d’Ivoire, comme professeur d’arts plastiques. Les événements de 2002 l’ont chassée de son pays. En France, elle a commencé à écrire et à illustrer des livres pour enfants (Yozakura, La fille du cerisier, Un crocodile à l’école, Le mineur et le boulanger, etc.) Dernièrement, elle a publié un « vrai » roman (pour les adultes), La femme du blanc.

Pour chacun des enfants, elle dédicace un exemplaire du livre que les élèves ont écrit sous sa direction. Sa signature s’accompagne d’un petit personnage qui semble s’amuser. « J’utilise cette signature uniquement pour les livres destinés aux enfants », explique-t-elle. «  Quand j’écris un « vrai » roman, je signe comme tout le monde ! ». Muriel a passé une semaine avec les élèves de l’école des Provinces à inventer l’histoire et à peaufiner chaque texte et chaque dessin. « C’est la quatrième année que je viens Mons… à chaque fois avec le même plaisir. « Ce sont des élèves pleins de vie et très motivés. Je suis très fière du résultat qu’ils ont su obtenir ».

•  A. C. (CLP)